Sébastien Fontenelle

  • Tous les jours, des agitateurs prennent d'assaut les tribunes pour attiser les passions altérophobes. Leur brutalité envers migrants et musulmans rappelle celle qui a visé les juifs. De la même façon que les droites d'antan vitupéraient contre le judéo-bolchevisme, leurs épigones fustigent l'islamogauchisme qu'ils taxent d'antisémitisme par une pirouette qui leur permet de stigmatiser les autres tout en se dédouanant de tout soupçon de racisme. Or ces accusateurs font parfois preuve d'étonnantes complaisances lorsqu'ils sont confrontés, dans leurs alentours, à des considérations pour le moins douteuses sur la Shoah ou les juifs. Ils deviennent soudainement magnanimes et trouvent des excuses aux auteurs de ces propos, permettant ainsi à l'abject de ressurgir ou de stagner.

  • La nomination de l'ex-patron de Charlie Hebdo à la direction de France Inter fut l'apothéose d'une décennie de réalignements idéologiques.
    Entre 1999 et 2009, Philippe Val a en effet reconsidéré nombre de ses points de vue, passant de la gauche altermondialiste à la récitation de psaumes conservateurs. Pour accompagner ce réaménagement, il a mis au point une méthode consistant à disqualifier ses éventuels contradicteurs par des imputations extravagantes. L'éditorialiste qui déclarait naguère qu' " à chaque fois que l'on recule, à chaque fois qu'on est prudent à l'intérieur de nos États de droit, on perd l'estime de ceux qui nous font reculer (...) car devant eux nous piétinons nos propres valeurs " s'est ainsi gagné assez d'estime, à droite, pour être promu à la direction d'une radio d'État sous le règne de Nicolas Sarkozy, et ce n'est même pas drôle.

  • « Les journaux et magazines «de référence» publient régulièrement de longues exhortations à «réduire la dépense publique», et des anathèmes contre «la France des assistés».

    Mais depuis trente ans, ces mêmes publications sont littéralement gavées de millions d'euros d'aides publiques - qui ne servent à rien, puisque la presse écrite continue de s'enfoncer dans une crise structurelle. Mais qui représentent jusqu'à 12 % de leur chiffre d'affaires.

    Cette gabegie, documentée par de nombreux rapports, est de celles qui font généralement, pour les journalistes spécialisés dans la chasse à l'«assistanat» et aux «gaspillages», un scandale réussi.?

    Or la révélation que le contribuable nantit la presse écrite de gigantesques subventions ne leur inspire aucun commentaire. Car ici, le silence est d'or : l'éditocratie sous perfusion l'a parfaitement compris, qui continue de faire sponsoriser par l'État ses incessants appels à diminuer la dépense étatique. »

  • Depuis la petite sauterie du Fouquet 's, les décomplexés qui nous gouvernent ont un rendement tel que nous aurions tendance à ne retenir que les crapuleries les plus en vue : le bouclier fiscal, le quota de sans-papiers expulsés, l'autoreverse « Casse-toi, pauv 'con ! »...
    Pourtant, ils ont poussé si loin le mépris et la casse sociale qu'il serait dommageable d'en oublier : de Xavier Darcos à Hervé On-Mar-que-Des-Points-Contre-Les-Talibans-Morin jusqu'au colonel de réserve Brice Hortefeux et Rama L'Afrique-De-Papa-C'Est-Terminé-Yade, en passant par les chantres de l'ouverture Fadelamara et le bon doc Kouchner, ils ne nous ont rien épargné. Sur son blog - « Vive le feu! » -, Sébastien Fontenelle publie quotidiennement de rageurs départs d'incendie.
    Le Chien rouge a sélectionné quelques-unes de ses chroniques, autant de petites pierres précieuses pour qui ne veut pas s'égarer dans cet effarant bayou sarkozique.

  • Après l'effondrement de l'empire soviétique, qui privait l'Occident de son si pratique épouvantail « communiste », des politiciens « désinhibés » et des publicistes en vue - intellectuels médiatiques et journalistes réputés - se sont employés à libérer dans le débat public français, au nom d'une nécessaire « décomplexion », une parole qui restait jusqu'alors cantonnée dans les cénacles de l'extrême droite. Sous le prétexte de briser d'imaginaires « tabous » et d'en finir avec une prétendue « tyrannie de la bien-pensance » et  dopés par les attentats islamistes du 11 septembre 2001, ces prétendus iconoclastes (d'Éric Zemmour à Renaud Camus, en passant par Caroline Fourest, Alain Finkielkraut, Laurent Joffrin, Ivan Rioufol, Philippe Val ou Élisabeth Lévy et tant d'autres) ont banalisé, en la parant souvent de vertus « républicaines », une logorrhée empruntée au vocabulaire traditionnel des xénophobes nationalistes.
    Dans cet essai au lance-flammes, mais rigoureusement documenté, Sébastien Fontenelle décortique les stupéfiants amalgames et les incessantes tricheries au fondement de ces discours « anticonformistes » sur l'immigration, la colonisation, les « Arabes » et, surtout, l'islam. Il explique comment ces falsificateurs, alors même qu'ils disposent d'un accès illimité aux médias dominants et que leurs idées sont désormais portées, à droite comme à gauche, jusqu'aux plus hauts sommets de l'État, se sont fait, toute pudeur bue, une spécialité de se poser en « dissidents » et en réprouvés d'un système dont ils sont en réalité les premiers garants. En l'espace d'une décennie, dénonçant une imaginaire « pensée unique », ils ont en réalité assuré, par un constant truquage de la réalité, la perpétuation d'une vraie pensée unique, consistant à ériger le rejet de l'« Autre » - pauvre, étranger, immigré, musulman - en vertu cardinale d'un nouveau « réalisme ».
    Un essai salutaire pour prendre toute la mesure de la perversion des discours qui saturent aujourd'hui l'espace public, sapant méthodiquement, au nom de la démocratie, les fondements mêmes de la démocratie.

  • Le 28 février 2012, un cadre de La Poste se défenestre à Rennes. Il laisse une lettre où il raconte les insupportables pressions exercées par sa hiérarchie. Quelques jours plus tard, un autre employé du groupe se donne la mort - après avoir lui aussi rédigé une lettre accablante pour sa direction. qui déclare que ces suicides sont des cas isolés, sans lien avec un quelconque malaise au sein de l'entreprise.
    Pourtant, plus de 100 salariés du groupe se sont donné la mort depuis 2011, et la série noire continue. Pour comprendre ce qui arrive à La Poste, il fallait enquêter sur ce qu'elle est devenue. Dans ce livre, Sébastien Fontenelle raconte comment un service public cher au coeur des Français a été transformé en une entreprise exclusivement dédiée à la recherche du profit et de la rentabilité. Il raconte ainsi la planification par le gouvernement socialiste dans les années 1980, d'une " nécessaire " modernisation des PTT " qui ne peuvent plus ignorer les lois du marché " et ce qui s'ensuivit : la réforme de 1992 et la scission des PTT en deux entités distinctes et la création de France Telecom, le développement de l'activité bancaire au sein de La Poste (vente de produits financiers) les destructions d'emplois (plus de 70 000 en dix ans, " un par heure " !), la fermeture massive de bureaux de poste, la précarisation des statuts (des CDD. d'une heure !), le développement de la sous-traitance, etc.
    On l'aura compris, La Poste est devenue en quelques années un laboratoire managérial où les salariés se retrouvent cyniquement sacrifiés sur l'autel de la rentabilité, payant au prix fort le démantèlement programmé d'un grand service public.

  • En 2005, Alain Finkielkraut explique à des journalistes que l'équipe de France de football n'est plus « black-blanc-beur », comme lorsqu'elle avait remporté la coupe du monde en 1998, mais qu'elle est devenue « black-black-black », et que cela fait « ricaner » l'Europe entière.
    Dix ans plus tard : Alain Finkielkraut fait son entrée à l'Académie française.
    Par la grâce de l'assouplissement des limites de ce qui pouvait être publiquement énoncé, une petite clique de clercs de médias et de démagogues de métier - d'Ivan Rioufol à Éric Zemmour, d'Élisabeth Lévy à Philippe Val, de Nicolas Sarkozy à Manuel Valls - a procédé, en l'espace d'une dizaine d'années, à une droitisation générale du débat public - où de conséquents pans de la gauche ont, de fait, malheureusement, également succombé.

  • Produire des idées, émanciper les consciences, libérer les individus, tel devrait être l'idéal de tous les francs-maçons.
    Pourtant la maçonnerie a mauvaise réputation : le copinage et l'affairisme sont des «valeurs» qui semblent davantage motiver certains «initiés» que la réflexion philosophique.
    Il était donc temps de s'intéresser de près à l'obédience la plus souvent citée dans nombre des affaires qui empoisonnent la franc-maçonnerie française : la Grande Loge nationale française. La GLNF mérite-t-elle autant d'indignité ?
    Pour répondre à cette interrogation, Sébastien Fontenelle a exploré l'histoire et les méandres de l'une des principales obédiences françaises.
    Son enquête, menée de Paris à la Côte d'azur en passant par les «fraternelles», confirme que le fonctionnement de certaines institutions comme la police, la magistrature et la politique est affecté par des pratiques douteuses de certains «frères».
    Pourtant, tout n'est pas noir à la GLNF, et nombre de ses maçons ont déjà tiré le signal d'alarme. Reste à savoir si dans les années à venir la vigilance que prônent ces dissidents se substituera réellement à de trop commodes «secrets»...

  • Nice : ses palmiers, sa plage, sa promenade des Anglais, son huile d'olive...
    Et son palais de justice rongé par les dérives de quelques magistrats. Depuis son arrivée en février 1999 au tribunal de grande instance de Nice, le procureur Eric de Montgolfier n'a cessé de dénoncer les multiples dévoiements de la justice niçoise au risque de susciter nombre d'inimitiés. Les pratiques qu'il a pu observer dans les salles d'audience semblent tenir plus de l'arrangement entre notables que de la stricte impartialité, sans parler de quelques magistrats peu soucieux de respecter les lois.
    Pourtant en septembre 2002, un rapport de l'Inspection générale des services judiciaires a estimé que la justice niçoise ne souffrait d'" aucun dysfonctionnement grave ". Selon les enquêteurs de l'IGSJ, les affaires enterrées, les manipulations occultes et les réseaux d'influence dénoncés par le procureur Montgolfier seraient de simples vues de l'esprit. Il était donc temps de mettre en lumière certaines " spécificités " de la justice niçoise et de s'interroger sur les personnalités qui sont censées la servir.
    Une Baie des affaires où plane une ambiance peu propice à un exercice serein de la justice. Enquête sur une ville où un juge peut être placé en garde à vue parce qu'il confond secret professionnel et engagement maçonnique ; où un avocat est mis en examen pour blanchiment ; où les tentatives de déstabilisation pullulent ; où un élu peut demander la tête d'un procureur ; où une inspection peut s'intéresser à tout sauf à ce qu'il faut inspecter ; où la notoriété d'un élu se mesure au nombre d'accusations portées contre lui...
    Et si, finalement, le seul tort d'Eric de Montgolfier était d'avoir raison ?

  • Depuis quelques années, une « nouvelle » droite agrégée autour d'un noyau d'« intellectuels » autoproclamés développe, en France, un discours de rejet, d'exclusion et de haine. Sous prétexte de « briser des tabous » (refrain bien connu), ces nouveaux extrémistes, d'Alain Finkielkraut à Pierre-André Taguieff, s'acharnent maladivement, et quotidiennement ou presque, sur des cibles qui n'ont, elles, rien de nouveau: la gauche, les étrangers. Ils réutilisent inlassablement les mêmes thèmes pour tenter (en vain) de nous faire croire qu'ils peuvent apporter un semblant de nouveauté à travers leurs sujets de réflexion déjà usés jusqu'à la corde. Pour ce faire, ils ont érigé le mensonge, l'amalgame et la calomnie au rang de système de « pensée ». Ils n'hésitent
    d'ailleurs pas - car nulle obscénité ne les retient - à instrumentaliser l'antisémitisme, curieusement rebaptisé « judéophobie », pour faire passer leur idéologie nauséabonde. Ces terroristes intellectuels, nouveaux chiens de garde du libéralisme, ont remplacé le raisonnement par l'incantation. Ces imposteurs sont des apprentis sorciers: il est grand temps de réagir.

  • Au début des années 1980, de dévoués clercs de médias, à Libération, au Nouvel Observateur et ailleurs, se sont donnés pour mission de faciliter l'" entrée du capitalisme dans la gauche ". Et par l'effet d'une assez heureuse coïncidence, cette ambition correspondait très exactement à celles des " socialistes " de gouvernement, qui ambitionnaient, de rompre avec... le socialisme. Cet exigeant reniement requérait un solide travail de " pédagogie ", qui se déploya dans toute inventivité en 1984, dans la confection de la stupéfiante émission " Vive la crise ! ", présenté par l'ancien communiste Yves Montand. Or, depuis la crise de 2008, l'édifice idéologique qu'ils avaient si patiemment construit n'en finit plus de se disloquer, emportant un à un les piliers où s'ancrait leur dogmatisme libéral. Cette dislocation aurait pu inciter ces obstinés forgerons du consentement à " l'horreur économique " à plus de modestie. Mais les pontifes ont ceci de particulier, qu'ils ne connaissent pas la honte : tout en fustigeant les " dérives " du " capitalisme financier ", ils continuent de répéter (inlassablement) qu'il est urgent de réformer (enfin) ce pays de feignants et d'assistés qui vit (vraiment) au-dessus de ses moyens....

  • Ils sont partout : dans les journaux, à la radio, à la télévision, sur les réseaux sociaux. Du matin au soir et du soir au matin, sur tous les tons et par tous les temps, ils débitent tous (à peu près) les mêmes poncifs en s'(auto)félicitant de lever les non-dits. Se flattant sur les plateaux de tenir un discours « incorrect », ils accusent gravement leurs adversaires d'étouffer le « débat » par leur omniprésence...
    Publié en 2009, Les Éditocrates, ou comment parler de (presque) tout en racontant (vraiment) n'importe quoi faisait le portrait savoureux de dix de ces prophètes des temps modernes. Près de dix ans plus tard, il était urgent de compléter la galerie.
    Car le cauchemar continue.
    /> Avec la prolifération des canaux de diffusion (chaînes de télé, Facebook, Twitter, etc.), la corporation éditocratique s'est partiellement renouvelée : elle s'est (légèrement) rajeunie et (un peu) féminisée. Mais surtout : elle s'est dangereusement radicalisée.
    L'éditocratie a toujours des avis sur (presque) tout. Mais, plus obsessionnelle que jamais, elle s'acharne sur celles et ceux qui ne lui ressemblent pas, et qui incarnent par conséquent le mal absolu : « le chômeur », « le syndicaliste », « le migrant », « le musulman »...
    S'appuyant sur des démonstrations d'où le réel a été complètement banni, les éditocrates, toujours insensibles aux contestations citoyennes de leur magistère, continuent donc de fabriquer du consentement. Mais c'est avec une brutalité et un cynisme largement inédits qu'ils oeuvrent aujourd'hui au formatage des esprits.
    Jusqu'à quand ?

  • Vous les connaissez bien. Leur visage et leur voix vous sont familiers. Ils signent toutes les semaines un éditorial dans un hebdomadaire ou un quotidien ; ils livrent une chronique chaque matin sur une antenne de radio ; ils occupent les plateaux des grandes, et des petites, chaînes de télévision ; chaque année, voire plusieurs fois par an, leur nouveau livre envahit les tables des librairies. « Ils », ce sont les « éditocrates ». Ils ne sont experts de rien, mais ils ont des choses à dire sur tout. Et, à longueur de journée, ils livrent à l'auditeur-lecteur-télespectateur-citoyen leurs commentaires sur le monde comme il va et comme il devrait aller. A travers ces portraits, à la fois drôles et corrosifs, ce livre dévoile l'imposture de ces professionnels de la pensée-minute omniprésents dans les médias. Car les éditocrates racontent, à peu près, tous la même chose, sur un ton sentencieux et définitif, et dans tous les domaines, que ce soit sur la vie politique, la crise économique, les problèmes de société, les questions internationales, etc. Pontifiants, ils assènent leurs quatre « vérités », alors qu'ils disent dans l'ensemble n'importe quoi. Ils répètent à tout bout de champ qu'ils sont « politiquement incorrects », alors qu'ils sont les plus brillants représentants du conformisme intellectuel et de la pensée unique.

  • Pendant des mois, Sébastien Fontenelle, journaliste et pamphlétaire, auteur d'Impunités françaises et d'Un juge au-dessus des lois, a analysé les textes et propos des
    « intellectuels de cour », en s'arrêtant plus particulièrement sur Alain Finkielkraut, véritable figure de proue d'un courant qui s'attache à salir et à détruire toute pensée progressiste. Voyage au coeur de l'idéologie dominante. Ad nauseam.

    Depuis l'avènement de Nicolas Sarkozy à la tête de l'État, nous assistons à un déferlement d'idées et de pratiques répugnantes : fichage génétique des immigrés, expulsions d'enfants scolarisés, casse du droit de grève, haine de l'altérité, détestation des pauvres.
    Chez les intellectuels de cour, cela fait bien longtemps que tous les tabous sont bel et bien brisés. Depuis plusieurs années, ces nouveaux réactionnaires, avec comme figure de proue Alain Finkielkraut, s'attachent en effet à salir et à détruire toute pensée progressiste. Plongée au coeur de l'idéologie dominante. Ad nauseam.

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