Alexia Tamecylia

  • Vulves

    Alexia Tamecylia

    Invisible ou diablement encombrante, elle peut être une question centrale comme périphérique ; elle confine à la sphère intime mais se retrouve pourtant placardée sur les écrans ; religieusement préservée ici, ailleurs consommée en masse. Commune à la moitié de la population, on pourrait croire qu'elle tient du non-événement et pourtant, elle se révèle un lieu éminemment politique, squatté par de nombreux enjeux socio-économiques.
    Partout, on se borne à taire son nom, qui se tient en équilibre sur le bout des langues : c'est que la vulve est sur toutes les lèvres.
    On nous présente encore aujourd'hui la vulve comme un continent inexploré, dont seuls les plus doctes des experts sauraient manier les subtilités, mais les militantes ont prouvé qu'avec un peu d'huile de coude et d'engagement, on pouvait réhabiliter l'exactitude anatomique. La femme à vulve doit partir à la redécouverte de son propre sexe, mais gare aux risques d'éboulis chemin faisant, car sur le versant de la sexualité comme sur celui de la maternité, les injonctions contradictoires pleuvent.
    Il faut retrouver l'intimité de ce Gynécée du 21ème siècle pour que les corps se rassemblent et que les voix résonnent, se répondent, s'amplifient l'une l'autre ou encore se contredisent.
    Réunies en cercle de parole, les Fallopes sont sûres d'elles car il n'y a là personne pour leur dire qu'elles se trompent. Ici, la vulve dit ses noms, ses histoires et ses vérités.

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